Les Ingés Osent 2025 - Un rendez-vous pour imaginer l’avenir de l’ingénierie
Le 23 octobre 2025, la Maison des Polytechniciens a réuni étudiants, jeunes diplômés et acteurs de l’ingénierie pour une traversée symbolique : explorer ensemble les horizons du métier d’ingénieur. Organisée par Cinov Ingénierie et l’Opco Atlas, cette 4ᵉ édition des Ingés Osent a choisi un thème clair et fédérateur : “Garder le cap !”
Une expérience collective où tous portaient la même conviction : l’ingénierie est un levier essentiel de la transformation écologique, sociale et technologique du monde !
L’ingénieur de demain : audacieux, collectif et porteur de sens
Dès l’ouverture, Alexandre Sevenet, président de Cinov Ingénierie, a donné le ton en rappelant que l'ingénieur n’est pas seulement un technicien. Loin de l’image du spécialiste enfermé dans ses calculs, il a dressé le portrait d’un professionnel curieux, ouvert et collectif qui dialogue avec les architectes, les urbanistes, les élus et les citoyens. “Notre mission, c’est de proposer des chemins possibles, de faire émerger des solutions qui tiennent compte des besoins humains, économiques et environnementaux”, a-t-il ajouté.
Autour de Luc Welfringer, directeur général de SEVAIA, trois jeunes intervenants ont justement partagé leur vision d’une ingénierie plus éthique et porteuse de sens. “L’ingénieur de demain ne se limite pas à résoudre des équations, il construit des réponses à des enjeux humains. On peut créer de la valeur financière tout en incarnant de vraies valeurs humaines” a expliqué Luc Welfringer. Une idée que reprend Larissa Rakotoarison, étudiante à CESI Nanterre : “ce qui motive les jeunes, c’est la cohérence entre le discours et l’action. On veut rejoindre des entreprises qui s’engagent vraiment, qui donnent les moyens pour bâtir une ingénierie plus vertueuse.”
Même discours pour Nathan Clémente Moiroux du BNEI (Bureau National des Étudiants-Ingénieurs) qui ajoute : “les entreprises à mission représentent une vraie promesse. Nous voulons comprendre à quoi on contribue, quel monde on aide à construire.” Jules Cairole, élève de Centrale Lyon a conclu en résumant l’état d’esprit d’une génération : “ce qui nous attire, c’est d’avoir un impact concret et positif. L’ingénierie à mission, c’est ça : allier compétence, utilité et sens.”
Collectif, durable, engagé : le nouvel esprit ingénieur
“Nous ne pouvons plus naviguer seuls.” Cette phrase, prononcée par Yolaine Paufichet, Vice-présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes, résume à elle seule la nouvelle ère qui s’ouvre pour les métiers techniques. Les ingénieurs, les architectes, les artisans et les industriels ne sont plus des mondes séparés : ils deviennent les membres d'un même équipage chargé de relever les grands défis de notre époque.
Aujourd’hui, de nombreux étudiants se forment dans des cursus intégrant la rénovation énergétique, la sobriété carbone ou la gestion des risques climatiques — autant de domaines où les ingénieurs sont appelés à devenir des acteurs du changement. Pour Guillaume Cayeux de Schneider Electric, cette génération est porteuse d’un souffle nouveau : “les jeunes ingénieurs sont les catalyseurs d’une double transformation, numérique et énergétique. Ils ont cette capacité à penser global et à agir local.”
Si les grands groupes jouent évidemment un rôle moteur, Jean-Christophe Repon, Président de la Capeb, a rappelé à quel point les TPE et les artisans représentent également un élément essentiel de l’équipage. Souvent en première ligne sur le terrain, ils expérimentent, testent, adaptent. “Les petites entreprises sont les vigies de terrain. Elles détectent les changements de vent avant tout le monde”, souligne-t-il. Cette proximité avec le réel, ce contact quotidien avec les matériaux, les territoires et les usages, fait des artisans et ingénieurs de proximité les pionniers d’une ingénierie plus humaine, ancrée et réactive. Une approche qui séduit de plus en plus de jeunes diplômés désireux de travailler autrement — dans des structures à taille humaine où chaque projet a un impact visible.
Vers une ingénierie humaine et porteuse de sens
Cette édition des Ingés Osent a mis en lumière le fait que la technique seule ne suffit plus. L’ingénieur de demain devra être à la fois inventif, engagé, transversal et attentif au vivant. Et c’est peut-être ça, la vocation nouvelle de l’ingénieur : être à la fois bâtisseur et explorateur du sens, capable de relier la science, l’humain et le futur. Les messages sont clairs pour les étudiants et les jeunes professionnels :
- Se former aux enjeux techniques et environnementaux, c’est se préparer à relever les défis de demain
- Travailler en équipe et croiser les compétences permet de naviguer avec succès dans des projets complexes
- Innover et s’engager dans des missions concrètes offre une vraie chance de faire bouger les choses
Comme l’a résumé Jean-Luc Van Den Heede, navigateur légendaire qui a clôturé cette édition : « dans une traversée, ce qui compte, ce n’est pas la force du vent, mais la cohésion de l’équipage. » Pour les jeunes ingénieurs, ce message est donc un appel à embarquer : " L'ingénierie de demain a besoin de vous !